
Célèbre pour ses têtes anthropomorphes composées à partir de plantes, de fruits, d’animaux et autres éléments, Giuseppe Arcimboldo (1526-1593) reste un peintre encore mystérieux.
L’exposition comprend une centaine d’oeuvres. Outre la présentation des célèbres têtes composées issues de collections privées et muséales du
monde entier, un important ensemble de tableaux (dont de nombreux portraits inédits), de tapisseries, et d'œuvres graphiques rend hommage à l’étendue de l’extraordinaire univers pictural de
l’artiste, d’une richesse allégorique et formelle inégalée. Quelques oeuvres de comparaison, dont des d'objets d'art provenant du célèbre Kunstkammer des Habsbourg et des ouvrages illustrés en
lien direct avec l'artiste, permettent d'appréhender le contexte socio-culturel de l’époque et de la cour des Habsbourg, pour une meilleure compréhension de sa production.
Cette exposition, placée sous la commissariat de Dr. Sylvia Ferino, conservateur de la Peinture italienne Renaissance au Kunsthistorisches
Museum, est co-organisée par le Musée du Luxembourg et le Kunsthistorisches Museum, Vienne, où elle sera présentée du 11 février au 1er juin 2008.
Réserver 
Cette situation, comparable à celle de Vermeer, fait d'une exposition Arcimboldo tout à la fois un succès public assuré et une épreuve délicate. Obtenir les prêts de ces oeuvres vedettes des musées qui les possèdent est malaisé, ne pas sacrifier l'histoire de l'art au pur spectacle est une autre difficulté. Le Musée du Luxembourg a évité l'une et l'autre. Le mérite en revient à la commissaire, Sylvia Ferino, chargée de l'art italien au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Arcimboldo a vécu dans la ville de 1563 à 1587, à la cour des empereurs Habsbourg, Maximilien II et son fils Rodolphe II. Le Kunsthistorisches Museum possède un des ensembles de l'artiste.
FANTAISIES POÉTIQUES
Le deuxième est au Louvre : les quatre oeuvres du cycle des saisons. Le troisième se trouve à Stockholm. Leur
adjoindre L'Homme potager de Crémone ou la version new-yorkaise en un seul tableau des Quatre saisons, c'est s'approcher assez près de l'exhaustivité et permettre de comparer
les différentes versions des quatre éléments et des quatre saisons. La comparaison est ici instructive par défaut : les différences entre L'Hiver de Vienne et celui de Paris, par
exemple, s'expliquent par les formats plus que par une évolution de conception ou d'exécution.
Car il y a une méthode Arcimboldo : disposer éléments et emblèmes de sorte que l'oeil, à distance, reconnaisse dans leur accumulation un profil humain. La forme cachée se voit de loin et se perd de près. Le genre de l'allégorie est renouvelé par ces analogies visuelles. Un champignon fait penser à un nez, une pêche à une joue, des flammes à une chevelure. Rien d'inconscient ni d'automatique dans ce processus, quoi que les surréalistes aient cru. Arcimboldo a remarquablement perfectionné cette technique de la charade visuelle et pratiqué aussi la peinture inversée, où le visage caché n'apparaît que dans un miroir placé devant la toile. La virtuosité s'allie alors à l'ironie.
Arcimboldo n'en manquait pas, à en juger par les assemblages caricaturaux où la cour de Vienne put reconnaître l'archiviste Wolfgang Lazius sous la forme d'une construction de livres et le vice-chancelier Ulrich Zasius sous celle d'un poussin plumé et de tronçons de poissons. Zasius, défiguré dans un accident de carrosse, était renommé pour sa laideur, et son "portraitiste" ne l'a pas épargné, d'autant que le vice-chancelier a pour buste une liasse de papiers officiels et pour ventre d'épais volumes entassés.
Ces fantaisies poétiques ou sarcastiques offrent au spectateur le plaisir de décrypter symboles et allusions après celui d'admirer l'habileté des assemblages. Le bonheur d'Arcimboldo à Vienne, l'admiration que lui portèrent ses empereurs successifs, son anoblissement au rang de comte palatin en 1592, l'aisance qui allait avec ces succès, tout cela s'explique donc aisément - et sa résurrection aussi.
Mais l'exposition ne s'en tient pas à l'apologie de son inventivité. Elle cherche à comprendre comment un peintre assez obscur de Milan a pu devenir Arcimboldo à Vienne. De ses débuts, il demeure peu de chose : un carton banalement raphaélesque pour une tapisserie, des dessins pour des vitraux et des bannières. Puis il part à Vienne, en 1563, à 37 ans, plus un débutant depuis longtemps. Et là il peint les Saisons et les Eléments, présentés à l'empereur pour le Nouvel An 1569.
IVRESSE DU LUXE
Pourquoi ?
Peut-être parce qu'il échappe au milieu milanais, obsédé par le triomphe des Vénitiens, de Titien et de Véronèse. Sans doute aussi parce que la religion pèse moins lourd dans la Vienne du
libéral Maximilien II qu'à Milan. Et plus encore parce qu'il se trouve dans une position inespérée : on lui demande des tableaux, des costumes et des décors pour des cérémonies, des jeux d'eau,
des illustrations de toutes sortes. Il côtoie des naturalistes et des orfèvres, des amateurs de curiosités et des savants.
Tout est alors possible dans les ateliers viennois, fondre des crapauds et des serpents en bronze, sertir des oeufs d'autruche dans des montures d'argent, tailler le cristal de roche en mufle de lion, faire d'un corail rose la garde de l'épée impériale. En puisant largement dans les prodigieuses collections d'objets d'art du Kunsthistorisches Museum, Sylvia Ferino a certes pu étoffer l'exposition et la porter aux dimensions du lieu. Mais elle a surtout rendu sensibles cette ivresse du luxe et de la virtuosité, cet amour ruineux des matériaux précieux et des techniques complexes. Placées dans ce contexte d'extravagances, les oeuvres d'Arcimboldo cessent d'être des énigmes : ce sont les manifestations paroxystiques d'une époque où arts et sciences allaient de pair et s'excitaient mutuellement. Cet âge d'or n'a survécu ni à Rodolphe II ni à Arcimboldo.
.
Arcimboldo, Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, Paris-6e.
Tél. : 01-39-50-75-85. Lundi, vendredi et samedi de 10 h 30 à 22 heures, les autres jours jusqu'à 19 heures. Entrée : 11 €. Jusqu'au 13 janvier.
merci eleonore, c'est une bonne découverte pour moi
Bisous
jupi
ps : je ne suis pas une fille, juste un vieux pompier varois et poilu en plus , hihi, c'est vrai , cherche l'origine de jupiter sur mon blog tu verras.